True colors

Nous parlons du processus de travail, nous tentons de le formuler, de mettre en place des repères, des cadres, des balises. chaque mot demande une mise au point.

Et ce soir, à l’heure blanche, l’analyse cesse et le silence descend. nous nous parlons encore, par bribes, par à coups. certaines questions ne reçoivent aucune réponse. Certaines réponses nous arrivent sans question. Les feuilles, les écrans, les câbles s’amoncellent. Nous n’analysons plus. Reprise patiente de chaque bribe de parole, chaque fragment de son, lente construction d’une séquence d’images-sons-mots.

Hier, dans son atelier Isabel la tisserande parlait du long travail de la couleur. De la vie qui se transmet de la plante au pigment, à la laine, au tapis. Du temps que prennent les gestes.

Revenir aux racines de la couleur – l’injonction résonne dans la chambre intérieure. VK

AP©
AP©

 

Mano a mano a mano

AP©
AP©

je perds le fil. j’ai des absences. j’ai des mots, des paysages, des désirs sur le bout de la langue. des pensées filent, impossibles à rattraper.
qu’est-ce que j’oublie ? qu’est-ce qui se perd ? qu’est-ce qui s’échappe ? qu’est-ce qui glisse entre les mots et se dissout dans le sable ? l’oubli est nécessaire, sans lui rien de neuf ne peut être imaginé. VK

 

L’oeil de Nijar

L'oeil de Nijar
L’oeil de Nijar AP©

 

olvidaré lo que vi

ojo del deseo

mirando lo que perdí

de donde vienes y que haces aquí ?

j’oublierai ce que j’ai vu 

l’oeil du désir 

regarde ce que j’ai perdu

d’où viens-tu, que viens-tu faire ici?

i will forget all i saw

my eye my desire

see what i’ve lost

where are you from? why did you come?

VK