Bref

Bref

De Nijar je ramène une réplique de Garcia Lorca, dans Noces de Sang : Quand les choses arrivent au coeur, il n’y a rien qui puisse les en arracher. Je ramène le souvenir de la petite église du Cortijo de Fraile où a eu lieu le crime qui a inspiré l’oeuvre, la terre qui l’a nourrie. La façon dont Lorca s’est imprégné de cette vie-là, cette mémoire, les chants, l’âpreté, la chaleur sèche et le désir. Là-bas, je pensais à ceux de chez nous, qui ont quitté la terre rouge pour venir s’agenouiller dans les églises glacées, l’échine courbée dans d’autres usines, ces pères taciturnes arpentant les allées, le long du canal, dans la brume, entre les peupliers du Nord. Ces histoires-là, cet arrachement. Le désir d’en garder une trace. VK

Les couleurs s’inversent. Effets d’un négatif, la noirceur du nord s’éclaire et la blancheur du sud se carbonise. Les poncifs ont la vie dure. Héritage de l’ordre du monde. Et pourtant, rassembler le secret partagé. DK

Là-bas il a fallu choisir sa route. Chaque jour elle fut différente. D’une image carte postale aux palissades inquiétantes d’un bidonville de bord de route. De la mer à perte de vue, aux boyaux plastiques recouvrant des milliards de tomates. L’horizon du beau et l’étendue de la réalité. Nous y voilà, les pieds dedans, face à la construction-déconstruite ou dans la déconstruction en construction.                                                     Aujourd’hui, ici, depuis lors : demeurer avec. Avec ce bagage, ce nouveau sac à dos. De nouvelles matières à traiter, absorber, dégraisser, infuser. C’est sans doute ce que l’on oublie de dire, la résidence ça continue après la résidence. AP

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