Etat d’une résidence

Yves Cantraire ©
Yves Cantraire ©

La résidence à Nijar a vu naître les premières notes de musique de notre projet. Des lignes mélodiques, des sons, qui s’accordent, se tissent, se nouent entre et avec les images et les mots. Une matière sonore jusque là en gestation est devenue concrète. Cette étape a été possible dans une situation d’isolement, un huis-clos propice à l’étirement du temps et à la libération de nos énergies. Collectes, dispersions, échanges, confrontations et finalement mise en résonance de nos pratiques et langages différents ont permis de consolider un vocabulaire commun et de faire entendre une tessiture collective. DK

Un matin je me suis aperçue, sans avoir réalisé quand s’est fait le passage, que j’étais « dedans » (dans le travail, la création, le dialogue). Ce moment a été suivi, pour moi, par une sorte de tectonique des plaques qui libérait l’écriture. La sensation physique était une nouvelle circulation du sens, des regards, des impulsions d’écriture, dans le lien, sans plus d’inquiétude. Une frontière s’était déplacée, qui auparavant était entre moi et mes partenaires, vers ce que je désire pour notre projet et ce que je ne désire pas. C’est cette sensation d’être libre et reliée, dans un espace partagé où l’écriture est possible, que m’a apportée la résidence. VK

Autour des images j’ai vu se poser des mots. Au coeur de l’objectif venaient se glisser des sons. La découverte fut autant dans la recherche solitaire que dans la mêlée de nos récoltes. Le vocabulaire s’est accordé jour après jour jusqu’à offrir le langage multipistes généreux et motivant pour la suite du projet. AP

Matières de travail

AP©
AP©

Notre chantier met en dialogue les matières apportées par chacune et les inspirations collectées ensemble auprès d’autres créateurs et/ou penseurs.

Trouvez donc aux paroles la saveur d’une bouche. Nougé

Nos trois pratiques sont traversées par l’idée de montage – collage – assemblage. Nous travaillons dans une logique transdomaines à décomposer/construire, dénouer/tisser.

Voir est un acte : l’oeil voit comme la main prend. Nougé

Notre curiosité commune pour les processus de création nous entraîne dans des territoires singuliers et scabreux, atypiques et passionnants.
Notre travail est nourri par des images, des sonorités, des atmosphères, liées au pays où nous vivons.

TV locale

Passage à l’émission Abierto al Atardecer pour parler de la résidence de création à Nijar, une étape importante dans notre projet de film Mécanique de la chambre intérieure. 

Notre séjour au Cuartel Viejo nous a permis de tester notre processus de travail et la logique transdomaines à travers un exercice de style : réaliser un travail de docu-fiction autour du vieux quartier de Nijar. Ce travail nourrit l’écriture du film.

Mécanique_In process

TV locale_Almeria (le lien ne s’ouvre que via Firefox)

True colors

Nous parlons du processus de travail, nous tentons de le formuler, de mettre en place des repères, des cadres, des balises. chaque mot demande une mise au point.

Et ce soir, à l’heure blanche, l’analyse cesse et le silence descend. nous nous parlons encore, par bribes, par à coups. certaines questions ne reçoivent aucune réponse. Certaines réponses nous arrivent sans question. Les feuilles, les écrans, les câbles s’amoncellent. Nous n’analysons plus. Reprise patiente de chaque bribe de parole, chaque fragment de son, lente construction d’une séquence d’images-sons-mots.

Hier, dans son atelier Isabel la tisserande parlait du long travail de la couleur. De la vie qui se transmet de la plante au pigment, à la laine, au tapis. Du temps que prennent les gestes.

Revenir aux racines de la couleur – l’injonction résonne dans la chambre intérieure. VK

AP©
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Mano a mano a mano

AP©
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je perds le fil. j’ai des absences. j’ai des mots, des paysages, des désirs sur le bout de la langue. des pensées filent, impossibles à rattraper.
qu’est-ce que j’oublie ? qu’est-ce qui se perd ? qu’est-ce qui s’échappe ? qu’est-ce qui glisse entre les mots et se dissout dans le sable ? l’oubli est nécessaire, sans lui rien de neuf ne peut être imaginé. VK